Cancer et soignantes : dans des établissements de santé très majoritairement féminisés, où une femme sur trois sera confrontée au cancer au cours de sa vie, comment anticiper, comment prévenir, comment accompagner, avec des modèles managériaux adaptés, le maintien et la réintégration au travail des soignantes devenues patientes ?
En prenant en compte le bouleversement personnel, les séquelles invisibles et les exigences de continuité du service, afin de préserver leur santé , et le travail ?
Un oncologue (Gustave Roussy), une médecin du travail (Hôpital Foch) et une spécialiste de la résilience et de l’anticipation des traumatismes (Protocole 6C) croisent leurs regards et expériences pour proposer exemples et réponses structurées, reconstruction personnelle et collective, et un management positif face à ce défi de santé publique au cœur de nos institutions.
Une table ronde conçue et animée par le Cercle Entreprises et Santé, spécialiste des questions de Santé Globale et Travail, en symétrie des attentions.
Avec
- Dr Mario di Palma, oncologue, Gustave Roussy; membre du Comité national Éthique & Cancer,
- Dr Carline Amiel,médecin du travail, Chef du Département Travail et Santé de l’Hôpital Foch, cofondatrice du Centre Prévention et Travail Foch
- Emmanuelle Halioua, spécialiste de l’accompagnement des traumatismes et de la résilience, Protocole 6C
- Anne-Marie de Vaivre, spécialiste prospective et santé globale au travail, cofondatrice du Cercle Entreprises et Santé.
Etablissements de santé et cancers :
une exposition sectorielle exacerbée
Avec un taux de féminisation supérieur à 75 %, les établissements hospitaliers et médico-sociaux sont exposés, de façon plus aiguë encore que tout autre employeur, aux questions Santé Globale et Travail liées au cancer.
Cette vulnérabilité n’est pas seulement statistique ; elle est structurelle.
Dans nos hôpitaux, près d’un soignant sur quatre travaille de nuit, une population composée à plus de 80 % de femmes.
Or, le travail nocturne est aujourd’hui documenté comme un facteur de risque majeur, favorisant la perturbation des cycles circadiens et augmentant significativement l’incidence des cancers du sein.
À cette exposition temporelle s’ajoutent la charge mentale chronique, l’épuisement émotionnel et l’usage quotidien de plateaux techniques complexes — imagerie, blocs opératoires, radiothérapie — qui placent les soignantes en première ligne des risques professionnels cumulés.
L’urgence de soigner ceux qui soignent
Le constat épidémiologique en 2026 est sans appel : une femme sur trois est ou sera confrontée personnellement au cancer au cours de sa vie.
Si l’incidence globale progresse, avec plus de 430 000 nouveaux cas annuels, on observe surtout une accélération préoccupante des diagnostics chez les femmes de moins de 40 ans.
Le cancer n’est plus seulement une interruption de parcours,
c’est une pathologie avec laquelle on vit,
et, de plus en plus, avec laquelle on travaille.
Face à cette réalité, comment agissent concrètement les établissements de santé employeurs pour soigner leurs propres équipes ?
Dans une équipe de dix soignantes, la probabilité qu’une collaboratrice soit en phase de traitement ou de reconstruction est désormais une donnée de gestion RH et opérationnelle permanente, imposant de repenser le management non plus par l’absence, mais par la présence sous contrainte thérapeutique.
« l’Hôpital : paradoxe d’une institution vouée au soin, et qui devient aussi le terrain d’exposition
de celles qui consacrent leur vie à soigner. »
L’hôpital, premier employeur de la population la plus exposée.
De la patiente à la soignante :
construire le retour … au-delà des statistiques
Comment accompagner le maintien et le retour à l’emploi de celles qui soignent lorsqu’elles deviennent patientes ?
En France, 400 actifs découvrent un cancer chaque jour / 160 000 actifs chaque année
Les chiffres donnent le tournis : au total, dans le secteur hospitalier + médicosocial, qui emploie plus de 1,8 million de femmes, ce sont 600 000 femmes qui seront statistiquement – et personnellement – confrontées à un cancer au cours de leur vie. On estime que chaque année près/plus de 5 000 soignantes en activité sont touchées par un diagnostic de cancer.
Entre la fatigue persistante, les séquelles invisibles — comme les troubles de la mémoire ou de la concentration — qui se heurtent à la dureté du terrain hospitalier, comment éviter le piège du sur-engagement et du burn-out de retour?
Quelles approches développer pour construire une reprise qui prenne soin de la personne tout en sécurisant la pratique de soins?
De la mise en place de missions de transition sur-mesure aux dispositifs de solidarité entre pairs, comment faire face à ce bouleversement ?
L’enjeu est de transformer cette épreuve en une organisation du travail plus humaine, capable de soutenir durablement ceux qui soignent. ¡
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Cercle Entreprises et Santé
84, rue Saint-Louis en l'île
F 75004 PARIS
ces@cercle-es.com
Téléphone :
+33 (0)1 46 34 70 70



































